Florence Rougny |

/ / /  Dommages co(w)latéraux : : : Cow Parade 2007, Marseille  / / /
+ + + + + + + + + + + + + +  Conception / réalisation  + + + +  traite des mots et concept écrémé par Jacques 2 Chabannes / / /

Tout commence à Zürich, en 1996. Depuis, ces attachants bovidés (bien que statiques) ont fait le tour du monde. Lorsqu’ils s’arrêtent à Marseille (2007) j’en adopte un, propose à l’un de mes clients d’en partager la garde ; Euromed Marseille / Ecole de Management, en devient donc le commanditaire. La bestiole est apprêtée selon le concept suivant (que Jacques 2 Chabannes m’aide gracieusement à formuler) : « Génétique du modifié, clonage, mutations, lissage du soi sous eugénisme teint, consommation de masse – terrible, exponentielle, définitive ? – Les mots s’envolent, s’éloignent, puis s’écrasent au sol, lourdement… Effaçant d’un même élan, traces et vestiges du passé ! Suspect N°1 coincé en la lueur des phares… Dame nature, et ses complices du temps jadis: l’erreur, l’aléatoire, la disparité, la mixité, le dysfonctionnement, la différence, la tache, toutes les taches, toutes ! TOUTES ! Sournoisement, lentement, tout fout le camp, tout… Petit homme, hâte-toi! ».

Exposée le 8 juin au matin, sur un coin de Canebière, le message d’espoir est certainement mal compris, puisqu’elle y est démontée et massacrée en moins de 24 h.
Et là, là, son nom prend soudainement tout son sens.

+ + + +  Le temps de rager, pleurer, crier, se retourner, nous décidons de réagir avec calme, pédagogie, en un happening improvisé sous-titré « ART BRUT(es) ». Une suite de soins, prodigués à notre pauvre ruminant humilié, sinistré : des pansements géants, une cuvée de lait spéciale, des chocolat et Vache qui Rit© offerts à la dégustation, un dialogue ouvert avec les passants, une Edition Spéciale distribuée de papier, accompagnée d’une conférence de presse donnée sur trottoir, et flashs coordonnés.

/ / /  Après les Dommages, la « second life » : : : reconstruite, réinstallée aux Docks, cette fois, en milieu aquatique, sécurisé, Diana y coule des jours tranquilles en surface, jusqu’au terme de la manifestation. Vendue aux enchères à un acheteur anonyme, nous la cherchons sans succès, depuis !!! L’avis est lancé…  / / /

Je ne suis pas photographe, mais participe néanmoins aux chroniques en ligne de Live in Marseille depuis presque 6 ans (chapeauté par Concert & Co au niveau national !). Live in Marseille aborde toute la diversité de l’actualité musicale, concernant Marseille et la région PACA : agenda, chroniques et annonces de concerts, interviews d’artistes en tournée…
Sous le pseudo LOF — afin de garder mon relatif anonymat (Oups !!! J’ai glissé, là, non ?) — j’illustre la prose des chroniqueurs bénévoles du cru, celle de Jacques 2 Chabannes, en particulier.
Cerné par une bonne quarantaine de photographes suréquipés, j’opère, jouant plus de ma sensibilité, qu’avec celle de mon appareil : un « vieux » Canon numérique, sujet de moqueries persistantes de la part de mes collègues de « travail ».
La photo de concert reste un exercice périlleux en soi, certes – beaucoup, beaucoup, moins, depuis l’avènement du numérique et les envols d’ISO… – mais le travail sans flash réalisé dans une (absence de) lumière souvent très aléatoire, fait néanmoins travailler de l’index, les fait chauffer d’astuces sur les molettes.
On a depuis peu tellement pris l’habitude de voir ces photos calibrées, bien lisses, très piquées, nettes partout (devant, dedans) que la vision d’un flou artistique (ou pas) ou d’un grain un peu fort, fait désormais grincer salement les rétines mal dessablées de certain(e)s. Et moi, je dis : « Y’en a marre, quoi, de ce diktat proche de l’eugénisme pur et simple ! ».
Si le numérique avait existé en 1979, la pochette de London Calling n’aurait jamais existée sous sa forme définitive ! Parce que Pennie Smith aurait tout bonnement « poubellé » cette photo « ratée » dans la seconde suivante, au lieu d’échanger avec les membres du Clash et d’accéder à leur demande à propos de son… à propos !

Alors, moi, je vous présente ici une sélection de mes « ratées » préférées, et vous invite en sus à découvrir les artistes derrière les images, parce qu’il s’agit tout même de musique, avant tout.

/ / /  Rockstore, Montpellier : : : 13/03/2009  + + + +  chronique sur live in marseille / / / www.josepharthur.com
+ + + + quelques vues de l’interview réalisée dans l’après-midi par Jacques 2 Chabannes.

/ / /  Cabaret Frappé, Grenoble : : : 23/07/2009  + + + +  chronique sur live in marseille / / / www.josepharthur.com

/ / /  Cool Globes Marseille 2010 : : :  événement mi-artistique / mi-commercial, importé des États-Unis et organisé en France pour la première fois  / / /
+ + + + + + + + + + + + + +  Conception opérée en binôme avec Jacques 2 Chabannes, pour la société TWINS (sous l’appellation de KOLLECTIV’MODE)  / / /

Le principe est le même que pour la Cow Parade, à laquelle nous avions déjà participé (2006) sauf que, la vache est ronde,  cette fois, et qu’on l’appelle globe. Les artistes (locaux, en principe) fournissent des projets. Ces projets sont retenus (ou pas) par des investisseurs issus d’horizons divers et variés (entreprises, collectivités, particuliers…). Ces investisseurs achètent une vache, ronde et blanche, tandis que l’artiste, lui, est censé la rendre moins ronde, moins blanche, voire même, de lui appliquer un concept. Par la suite, ben… On rebelote : inauguration… bla-bla… exposition dans la ville… re-bla… et vente aux enchères finale au bénéfice d’une association caritative qui récupère 50% du prix de la vente, les organisateurs et investisseurs se partageant les autres 50%… Faut bien qu’y vivent, ces gens-là !

La thématique, importée avec le projet, reste bien évidemment la préservation de l’environnement. On peut le dire avec des petites fleurs, des sourires, du ludique, des zoulies couleurs. Lors, nous avons délibérément choisi de ne pas employer la politique de l’autruche.
8 projets sont présentés par KOLLECTIV’MODE, voici l’élu.

/ / /  Le projet : : :  Prière de ne pas donner à manger aux Cool Globes!

« L’homme n’est désormais plus libre de ses mouvements : empêtré dans ses actions, contradictions et/ou prises de décisions menées en dépit du bon sens.
Petit à petit, oubliant toute sagesse, toute logique (de survie, au moins !) l’Homme a recouvert la surface de la planète de bitume, bétonné notre quotidien à des fins commerciales – industrialisation, extension des villes, développement des outils de communication et transports, Rainforest, etc… – et logiquement fini par s’asphyxier en retour, pris à son propre piège ! ».

Florence ROUGNY Graphiste / Designer protéiforme

Graphiste, de formation traditionnelle en expression visuelle et communication, elle intègre en 1992 le circuit professionnel en agence. Elle met sa vision artistique au service de multiples clients issus de tous horizons – culturel, associatif, institutionnel et multimédia – elle continue à gratter la toile, tordre le fer et échanger avec les muses de tous ordres, de toutes confessions créatrices. Jonglant indifféremment entre affiches, plaquettes, chartes graphiques, signalétique, et identité visuelle (de ses multiples intervenants) – Conseil Général des Bouches-du-Rhône, Euromed Marseille Ecole de Management, CEA Cadarache, Université Aix-Marseille, DRAC PACA ou HARIBO – son neurone baladeur de création rapprochée continue néanmoins à œuvrer, grappiller de l’espace et faire des siennes. L’appétence au beau fixe, elle aborde également l’édition d’ouvrage d’Art, et tutoie les cils ténus de la reconnaissance en l’année 2001 (Une réalisation sur l’Architecte Fernand Pouillon lui vaut de recevoir le prix du meilleur ouvrage d’Architecture).